Au seuil
du livre-monument :
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l'imaginaire architectural du frontispice aux XVIe et XVIIe
siècles Le frontispice nous révèle ce que l'on pourrait appeler
avec Yves Delègue l'« être-figure » du livre. Livre-temple,
livre-tombeau, livre-jardin, livre-galerie, livre-théâtre…, le lecteur
est invité, dès l'entrée, à pratiquer une sorte de composition de lieu,
c'est-à-dire à se forger une représentation mentale qui est aussi une
architecture mnémotechnique dans laquelle viendront se ranger les images
textuelles ou graphiques déployées dans l'ouvrage. Par ailleurs, dans le cas précis des livres
illustrés, le lecteur découvre, à l'orée du livre, une sorte de mode
d'emploi ou d'échantillon des rapports structuraux qui s'articulent
entre texte et image dans le corps de l'édifice livresque. Le frontispice
ne peut-il pas, en effet, être considéré, dans bon nombre de cas, comme
l'instance de régulation des relations entre le texte et l'image, comme
le contrat initial qui règle par la suite la hiérarchie entre ces deux
registres de communication hétérogènes ? A partir d'exemples empruntés essentiellement à la littérature
jésuite, nous voudrions tout d'abord mettre en évidence la manière dont
l'imaginaire architectural du livre se modifie profondément entre Renaissance
et époque baroque, pour dans un second temps dégager les enjeux de ces
transformations quant aux rapport du visible au lisible. Ralph CONTACT _Con-493030051 Dekoninck Chargé
de recherches F.N.R.S. Université catholique de Louvain |